Site Overlay

Kinésithérapie en Allaitement Maternel

Ces derniers mois, j’ai suivi une formation de kiné en allaitement maternel, c’est la 1ère fois qu’une formation sur ce sujet est donnée en France. La kinésithérapie en allaitement maternel a été fondée il y a une quinzaine d’années en Espagne par Jose Luis Garcia Morales, kinésithérapeute et consultant en lactation IBCLC, cette formation est accréditée en Espagne par l’IHAB (organisme dépendant de l’UNICEF).

Kinésithérapie en Allaitement Maternel ? Késako 🤨 ?

développement moteur sensoriel bébé 1000 premiers jours postnatal postpartum allaitement
La 1ère tétée, fondamentale pour la mise en place de l’allaitement avec la bonne activation des réflexes archaïques du bébé.

L’allaitement maternel, pour bien se dérouler, suppose que :

  • la maman produise suffisamment de lait,
  • le bébé tète convenablement.

Et le 1er dépend en partie du 2ème.

C’est à dire que, sauf cas exceptionnels* où l’anatomie de la maman ne permet pas ou entrave la production de lait, toutes les femmes sont équipées pour fabriquer suffisamment de lait pour leur.s nourrisson.s. Ensuite les seins fonctionnent selon la loi de l’offre et la demande : plus le bébé demande, plus le sein offre en conséquence.

C’est donc la qualité de la succion du bébé qui va conditionner le bon déroulement de l’allaitement. De nombreuses difficultés vécues par les mamans (crevasses, engorgement, obstruction, mastite à répétition, réflexe d’éjection trop fort, hypolactation, hyperlactation…) peuvent être provoquées par une succion déficiente de la part du bébé.

Chez ce bébé, on voit bien l’ouverture de la bouche, l’importance de la langue, scellée en gouttière sous le mamelon et son mouvement de péristaltisme

Ici, ce bébé n’ouvre pas suffisamment la bouche, et aspire le téton comme un spaghetti
Mouvement de la machoire en roue de train, déglutition 1 fois sur 2, bonne ouverture de bouche, ce bébé se débrouille comme un chef !

Bouche pincée, mouvements de petite amplitude, quasiment pas de déglutition

La coordination succion – déglutition – respiration que le bébé met en oeuvre pour téter est une mécanique complexe qui sollicite l’ensemble du corps du bébé. Le but de la kiné en allaitement maternel est de détecter et solutionner les éventuelles restrictions de mobilité, dysfonctions de l’appareil musculo-squelettique du bébé, qui entravent cette mécanique. Pour ce faire, on procède à :

  • un entretien : quelle.s difficulté.s rencontre la dyade maman – bébé ? quelle.s solution.s ont déjà été testées auparavant et avec quel résultat ? comment se sont déroulés la grossesse, l’accouchement, le début de vie du bébé ?
  • une observation d’une tétée : comment se place la mère ? comment propose-t-elle le sein à son bébé ? que fait le bébé à l’approche du sein ? comment prend-il le sein ? comment succione-t-il ?
  • un examen clinique du bébé : on va bilanter l’ensemble de sa colonne et son thorax du bassin jusqu’au crâne, à la recherche de restrictions de mobilité, on va regarder la mobilité et la motricité de sa langue (présence de frein restrictif, mobilité passive, mobilité active, force et fonctions de la langue), de sa mâchoire, les tensions musculaires des lèvres et joues, on va tester l’activation de ses réflexes archaïques…

  • selon le bilan, on va travailler directement sur le corps du bébé pour résoudre les dysfonctions observées, vous donner des petits exercices à faire avec votre bébé pour stimuler ses compétences, vous conseiller sur des changements de position permettant au bébé d’optimiser sa motricité au service de l’allaitement, vous enseigner des massages pour soulager les seins, utiliser des techniques de physiothérapie pour favoriser la cicatrisation de crevasses ou l’évacuation d’une obstruction, poser des bandes de tape pour drainer ou stimuler… bref des techniques de kiné au service de l’allaitement !

L’objectif ultime de la kinésithérapie en allaitement maternel est de vous permettre de nourrir votre enfant de la façon dont vous le souhaitez : allaitement maternel complet ou mixte, au sein et / ou tire-allaité, au biberon…


Exemples de difficultés que la dyade maman – bébé peut rencontrer et qui peuvent être accompagnée par la kinésithérapie : (liste non-exhaustive)

  • bébé tète bien au sein droit mais pas au sein gauche : cela peut être dû à une restriction de mobilité au niveau cervical qui fait que le bébé est confortable sur son côté gauche mais pas sur son côté droit,
  • bébé dort en permanence, est difficile à réveiller pour téter et se rendort très vite au sein : les causes peuvent être très multiples dans ce cas-là et nécessiter un accompagnement pluridisciplinaire,
  • maman a des crevasses : cela peut être dû à une ouverture de bouche insuffisante, un manque de mobilité de la langue, une restriction cervicale du bébé…
  • bébé de 6 mois, diversifié et au lait artificiel donné au biberon, qui accepte le biberon seulement lorsque la tétine asymétrique est à l’envers et qui lape dans la cuillère pour la purée,
  • réflexe d’éjection fort : ce réflexe est souvent un mécanisme de compensation mis en place par le corps de la mère afin que le bébé soit nourri coûte que coûte ; c’est à dire que si le bébé tète mal, n’a pas la bonne technique pour extraire le lait du sein alors le sein trouve un moyen de « couler » tout seul dans la bouche du bébé… au risque que le bébé rencontre des désagréments tels que s’étrangle un peu quand le débit va trop vite, avale de l’air, régurgite, ballonnements, etc…
  • crevasses, mastite, ampoule de succion persistante, claquements de langue lors de la tétée, faible prise de poids du bébé, pleurs constants… peuvent être des motifs de consultation.

A tout moment, selon le bilan et l’évolution, je peut vous orienter vers une autre profession pour enrichir la prise en charge : sage-femme, consultante en lactation IBCLC, orthophoniste, ostéopathe, chiropracteur…

Et souvenez toujours que le petit humain est d’abord un mammifère : est ce qu’une maman zèbre se demande si ?

  • son lait est suffisamment nourrissant ?
  • cela fait bien 3h depuis la dernière tétée ?
  • son zébreau ne risque pas de devenir capricieux si elle l’allaite trop facilement ?
  • son zébreau a besoin de lait artificiel pour bien grandir ?
  • elle doit arrêter l’allaitement quand les dents du petit sortent ?

Si c’est faux pour un zèbre, alors c’est faux pour un bébé humain aussi 😉

*Ces cas exceptionnels qui risquent d’amener une hypolactation sont : hypoplasie mammaire (= atrophie de la glande mammaire), chirurgie mammaire ayant sectionné les canaux lactifères, syndrome des ovaires polykystiques, longue période sans règles durant l’adolescence / jeune adulte.

Vous avez besoin d’une consultation ? Réservez une séance !

Pour en savoir plus :

Laisser un commentaire